Présentation des doctorantes d’IDBio.

À travers le programme IDBio, ces doctorantes incarnent la recherche africaine. Leur parcours témoigne d’un engagement profond pour la science, l’innovation et l’égalité des genres. En brisant les stéréotypes et en ouvrant la voie à d’autres femmes, elles contribuent à bâtir un espace scientifique plus équitable, durable et ancré dans les réalités du continent.


Présentation d’Ayélé Grâce Johanita MENSAH

La valorisation des co-produits agricoles représente un impératif de souveraineté alimentaire et d’économie circulaire en Afrique de l’Ouest. C’est le fondement de la recherche que mène aujourd’hui Ayélé Grâce Johanita MENSAH.

Diplômée d’un Master en Sciences et Technologies Agricoles et Alimentaires de l’Université d’Abomey-Calavi, Ayélé a acquis une solide expérience dans le domaine des bioprocédés. Elle a contribué à plusieurs projets de R&D,  notamment sur la formulation de farines enrichies et l’analyse des composés volatils du cajou, montrant une aptitude à valoriser les résultats de la recherche dans un contexte  nutritionnel concret sur le terrain.

Sa thèse, intitulée « Micronutri-Cajou », vise à extraire et valoriser les composés aromatiques, les micronutriments et oligoéléments présents dans  la pomme d’anacarde pour la production de complément alimentaires. C’est une matrice riche et largement sous-exploitée qui pourrit encore à 99% dans les champs. Ses travaux s’inscrivent dans une approche de bioraffinerie, combinant la caractérisation des molécules, le développement de procédés d’extraction adaptés et l’analyse de la stabilité des produits formulés (poudres d’arômes, concentrés). L’intérêt de ce projet est triple : il crée de nouvelles chaînes de valeur économique autour d’un déchet, génère des compléments alimentaires essentiels et contribue directement à l’éradication des carences nutritionnelles au Bénin, en particulier chez les femmes enceintes et les enfants.

Présentation de Fahizatou Ariké FAKAYODÉ

Le secteur cosmétique mondial est en quête constante d’ingrédients naturels, fonctionnels et durables, éloignés des dérivés pétrochimiques. C’est dans cette perspective d’innovation éco-responsable que s’inscrit la doctorante Fahizatou Ariké FAKAYODÉ.

Son parcours académique, combinant Biochimie à Aix-Marseille Université et Pharmacologie des Substances Naturelles en Côte d’Ivoire, lui confère une double expertise essentielle : la rigueur de la chimie analytique et la connaissance approfondie des matrices végétales. Son expérience en galénique et en développement de principes actifs garantit une approche critique de la formulation des futurs produits.

Le projet « COSMEDICAO » a pour objectif d’étudier le potentiel cosmétique des co- et sous-produits d’exploitation de deux filières phares : le Detarium senegalense (ditax) et le Theobroma cacao (cacao). La démarche scientifique se concentre sur l’identification, la caractérisation fine et l’évaluation in vitro des propriétés fonctionnelles des extraits bruts et purifiés (notamment antioxydantes, hydratantes, anti-âge). L’intérêt majeur de cette thèse réside dans son ancrage dans l’économie circulaire : elle transforme des tonnes de déchets agricoles, comme les coques de cabosse, en ingrédients actifs à haute valeur ajoutée. Cela favorise le développement d’une filière de biocosmétique locale créatrice d’emplois, tout en réduisant l’impact environnemental de l’industrie.

Présentation de Maïmouna SANKHARÉ

La présence chronique de fluorure, de chlorures et de salinité dans les eaux souterraines du bassin arachidier sénégalais constitue un défi hydrologique et sanitaire majeur, exposant des millions de personnes à des fluoroses dentaires et osseuses. Cette problématique est au cœur de la thèse conduite par Maïmouna SANKHARÉSpécialiste en Chimie de l’Eau de l’Université Gaston Berger, Maïmouna apporte une solide compétence des analyses physico-chimiques, des diagrammes hydrochimiques et de la traçabilité de l’eau. Son expertise est cruciale pour comprendre la variabilité et l’origine de cette contamination des nappes phréatiques.

Sa thèse, « Eli-Flicsa » (pour Élimination du Fluor, des ions chlorures et de la salinité), est un projet d’ingénierie environnementale axé sur la conception de matériaux adsorbants alternatifs et abordables. Elle a pour objectif l’élaboration et la caractérisation de charbons actifs par valorisation thermique de biomasses locales et de sous-produits animaux (coques d’arachides, cendres d’os).. L’intérêt sociétal et économique de cette thèse est considérable : il s’agit de fournir aux populations des zones rurales un procédé de décontamination de l’eau peu coûteux, facile à mettre en œuvre et issu de ressources locales, améliorant ainsi nettement la santé publique et ouvrant la voie à la récupération des terres salées pour l’agriculture.

Présentation de Mariama BA

Animée par un fort intérêt pour les matériaux biosourcés et la valorisation des déchets, Mariama Bâ s’investit dans la recherche et l’innovation autour des biomatériaux à faible empreinte environnementale. Son objectif est de promouvoir des solutions constructives durables, reposant sur l’utilisation de ressources renouvelables et la réduction des impacts écologiques, afin de contribuer au développement d’un habitat africain plus juste, plus abordable et plus vert.

Titulaire d’un double Master spécialisé en Valorisation des Déchets et en Génie des Procédés/Bioprocédés, son parcours pluridisciplinaire, incluant l’hydraulique et la caractérisation de biomatériaux composites, lui confère une expertise unique en matière de transformation de biomasse résiduelle, qu’elle met au profit du  projet « BIO4House ». Ce projet de thèse ambitieux vise le développement de nouveaux éco-matériaux pour l’habitat basés sur des liants géopolymères (obtenus par activation alcaline d’argiles/latérites locales) et des renforts lignocellulosiques. Elle utilise notamment des déchets agricoles comme le typha ou les cabosses de cacao. La méthodologie inclut l’hydrophobisation des fibres par des traitements thermiques (torréfaction/pyrolyse) pour améliorer l’interface fibre/matrice. L’intérêt scientifique de cette thèse est de mieux comprendre les interactions physico-chimiques entre ces géopolymères et les fibres traitées. Son intérêt sociétal est de proposer une alternative au ciment de Portland, très polluant et coûteux, en développant des matériaux locaux, à faible empreinte environnementale, qui permettront d’améliorer les conditions de confort hygrothermique et de réduire les coûts de construction.

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